
Cet été-là, le ciel s’est embrasé. Au loin, les flammes dressaient leurs murs de rage,
avançant comme un monstre affamé.
Je regardais brûler les collines. J’aurais voulu écrire mon impuissance à prévenir les humains qu’à force de dévorer la terre, ils finiront par se détruire eux-mêmes. Mais aucun mot n’est venu. Seulement le silence de cendre.
Alors j’ai peint. J’ai peint le noir – le deuil de la montagne, la nuit sans fond qui recouvre tout. J’ai peint les brumes blanches d’un matin éthéré.
Et dans cette aube qui vacille, des sphères vertes surgissent, immenses, souveraines. Elles sont l’âme du vivant : ce qui persiste, ce qui se relève, ce qui renaîtra avec ou sans nous.