
Je ne me sentais pas mère. Je me sentais louve.
Allongée dans l’obscur, yeux clos, j’écoutais le chant silencieux de l’univers. Je venais depuis la nuit des temps, portée par un instinct primal, une force animale.
Aucune douceur sage, aucune évidence tracée : seulement la vibration brûlante du lien, brut, immense, indomptable. Je n’avais pas choisi la voie. Le chemin était façonné par un autre avant même sa venue.
Être mère est un territoire sauvage.
Et dans le silence vibrant, j’ai compris : j’étais née pour éclairer la trace de ce qui viendrait après moi.